Représentation syndicale… encore loin de l’égalité !

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Sophie Massé, Vice-présidente

Sophie Massé,
Vice-présidente, FPPE-CSQ

On pourrait penser qu’aujourd’hui les questions d’iniquité entre hommes et femmes chez le personnel professionnel sont dépassées et qu’il n’y a plus d’obstacles à l’implication syndicale pour les femmes. Les membres du Comité de la condition des femmes FPPE-CSQ ont proposé de vérifier cette hypothèse.

Y a-t-il encore des obstacles empêchant les femmes d’occuper des postes de leader dans les organisations syndicales ? Existe-t-il une spécificité dans l’exercice du leadership des femmes? Voici quelques-unes des questions que les chercheuses de l’Université Laval, Catherine Le Capitaine et Marie Pier Bernard Pelletier, se sont posées dans le cadre d’une recherche¹ menée en 2015 en collaboration avec la FPPE-CSQ.

Balance

Les premiers résultats nous révèlent que les contraintes liées à la conciliation travail-famille, le manque de connaissances en matière de relation de travail et le malaise face au processus d’élection sont autant de freins lorsque vient le moment pour les professionnelles de considérer le saut dans la vie syndicale. C’est en partie ce qui explique le phénomène de sous-représentation des femmes dans les postes comportant des responsabilités syndicales. Actuellement, les postes de présidence et vice-présidence de syndicats sont occupés à 45% par des femmes alors que les professionnelles représentent près de 80% du membership de l’ensemble du personnel professionnel des commissions scolaires.

En ce qui a trait à l’exercice du leadership chez les présidences ayant participé à la recherche, bien que toutes et tous soient préoccupés par le respect des droits des membres, nous apprenons notamment que les hommes se perçoivent davantage comme gardiens de la convention collective alors que les femmes mettent l’accent sur la vision sociale du syndicalisme. Nous notons que pour les femmes, la démocratie syndicale réfère à un mode de consultation des membres alors chez les hommes, elle s’explique par le droit de vote des membres.

Il est connu que le travail syndical comporte son lot de réunions, de déplacements, d’assemblées, de situations d’urgence en milieu de travail, et représentants syndicaux, autant hommes que femmes, souhaitent être à la hauteur des défis à relever autant dans leur vie syndicale que professionnelle. Dans plusieurs syndicats de la FPPE-CSQ, la question de la relève est préoccupante. Pour que davantage de femmes se portent volontaires, la Fédération devra considérer la poursuite de mesures de soutien et de redressement telles que la formation continue des représentantes et représentants syndicaux, le mentorat, l’adoption de règles de fonctionnement privilégiant, par exemple, le travail de jour.

Dans chacun de nos milieux, quelle est la situation? L’organisation syndicale locale favorise-t-elle l’implication des professionnelles? Pourrions-nous soutenir davantage nos collègues professionnelles qui démontrent des aptitudes et un intérêt pour nous représenter? Nous sommes collectivement responsables d’une juste représentation !

¹Le Leadership syndical des femmes au sein de la FPPE, Catherine Le Capitaine, Marie-Pier Bernard Pelletier, Université Laval,  Conseil fédéral FPPE, présentation Power point, Montréal 4 février 2016.
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1 Comment

  1. Diane Benoit on

    Comme professionnelle maintenant à la retraite, j’ai occupé durant 6 années le poste de vice-présidente à la FPPE, de 2003 à 2009.
    Les propos que je viens de lire sur le leadership syndical des femmes rejoignent tout à fait le discours que j’ai maintenu durant mes 2 mandats. La préoccupation des femmes repose davantage sur la vision sociale du syndicalisme qui implique l’ensemble des personnes syndiquées. L’application de la convention collective doit être considérée importante pour l’ensemble; mais combien de personnes auront un réel besoin d’une intervention directe de leur syndicat au cours de leur carrière? L’engagement syndical doit venir de chaque professionnelle et professionnel et on doit continuer à travailler dans ce sens.
    Ma phrase fétiche était: Il faut toutes et tous nous mêler de nos affaires: financières, professionnelles et syndicales.
    Merci pour cette recherche…il faut continuer. Notre fédération a déjà commencé une transformation en ayant élu une première présidente en 2012.

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