Miser sur l’expertise du personnel professionnel pour assurer une première transition scolaire réussie

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Sophie Massé, Vice-présidente, FPPE(CSQ)

Sophie Massé,
Vice-présidente, FPPE(CSQ)

Dans le but de mieux connaître les interventions faites par ses membres auprès des enfants de 4 ans et leurs parents, la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), a effectué un sondage.

Le personnel professionnel concerné, majoritairement des conseillères et conseillers à l’éducation préscolaire (CEP) a pour rôle principal d’accompagner, d’informer, de soutenir les parents d’enfants de 4 ans dans leur rôle d’éducateur en vue du développement intégral de leur enfant. Elles et ils œuvrent dans le cadre du programme Passe-Partout qui est offert dans plusieurs commissions scolaires de la province et contribuent de façon importante à assurer une première transition scolaire réussie. On retrouve aussi des professionnelles et professionnels, malheureusement en nombre insuffisant, qui font du dépistage et des interventions auprès de la petite enfance, en particulier des orthophonistes, psychologues, psychoéducatrices, psychoéducateurs et orthopédagogues. Des conseillères et conseillers pédagogiques sont également appelés à intervenir pour le soutien, la formation continue et l’accompagnement des enseignantes et enseignants de la maternelle 4 ans et 5 ans.

Les résultats du sondage amènent la FPPE à émettre 4 recommandations principales :

  1. Formaliser et assurer la coordination des mesures qui soutiennent une première transition scolaire de qualité dans le continuum des services éducatifs québécois du ministère de l’Éducation.

Il est reconnu, notamment par la Commission sur l’éducation à la petite enfance (2017) et le Conseil supérieur de l’éducation (2012), qu’il y a des lacunes importantes en matière de coordination des services publics offerts aux enfants de 4 ans et leurs parents. Une meilleure continuité doit être assurée entre les services de garde éducatifs et le milieu scolaire, et ce pour tous les enfants. Une telle continuité doit également comprendre les services qui relèvent du MSSS. Il s’agit d’une condition de base pour assurer la qualité des services.

  1. Déployer le programme Passe-Partout dans l’ensemble des commissions scolaires du Québec pour favoriser le soutien aux compétences parentales et une première transition scolaire de qualité.
  2. Reconnaître l’expertise développée et le rôle d’agent pivot en matière de première transition scolaire joué par les conseillères et conseillers en éducation préscolaire.

Les CEP effectuent déjà un rôle similaire à celui d’agent pivot dans le cadre du programme Passe-Partout et leur expertise à cet effet doit être reconnue. Ces professionnelles et professionnels agissent en étroite collaboration avec les parents et travaillent avec les services de garde éducatifs, les organismes communautaires famille et les intervenants qui relèvent du MSSS.  Les CEP sont partie prenante de l’équipe-école et font le relai avec le personnel enseignant, professionnel et de soutien, en plus de conseiller la direction.

Nous déplorons que les CEP soient significativement moins nombreux à occuper un poste régulier à temps plein. Il est inacceptable que 30 % des conseillères et conseillers en éducation préscolaire occupent un poste surnuméraire.

  1. Ajouter des ressources professionnelles régulières dans les commissions scolaires offrant des services aux enfants d’âge préscolaire.

Dans plusieurs commissions scolaires, le ratio de professionnelles ou professionnels par élève est désastreux. Par exemple en 2014-2015, selon les calculs réalisés par la FPPE, on dénombre en moyenne, pour l’ensemble du Québec, plus de 2800 élèves par orthophoniste, près de 1800 élèves par psychoéducatrice ou psychoéducateur et 2075 élèves par psychologue. Pire, entre 2014 et 2016, ce sont 375 postes qui ont été coupés. Le personnel professionnel fait trop souvent les frais des compressions budgétaires. Enfin, nous savons que retarder le dépistage ou l’intervention précoce auprès d’un enfant d’âge préscolaire présentant des difficultés, faute de ressources professionnelles disponibles, nuit directement à la réussite éducative.

À l’unanimité, les 19 syndicats de la FPPE, réunis en Conseil fédéral en mars 2017, ont adopté un plan d’action qui se déploie tant au niveau national que local. Nous espérons que le ministère et les commissions scolaires prendront en compte ces recommandations qui, d’ailleurs, font échos aux engagements budgétaires du gouvernement notamment dans le cadre de la mesure Partir du bon pied au préscolaire et en 1ere année du primaire.

 

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Pour lire le rapport – Avril 2017

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